vendredi 25 mai 2012

De Boulogne sur mer à Etaples sur mer (Mer du Nord-Manche- Côte d'Opale)


   Ma quatrième étape a eu lieu un lundi, le 21 mai environ un mois après la précèdente étape. J'ai en effet présidé pour les 2 tours de la Présidentielle, un bureau de vote au collège Chaptal (celui de mon fils). Ce fut une épreuve éprouvante compte-tenu de la forte participation (84%) pour un bureau de vote où sont inscrits plus de 1300 électeurs...La démocratie a aussi besoin de petites mains pour qu'elle puisse vivre dignement. Mais à l'heure d'Internet j'ai parfois l'impression quand je me retrouve, avec quelques valeureux bénévoles, à recompter des centaines de bulletins à la main en les comparant minitieusement aux émargements de la journée que cette démocratie aurait besoin d'une nouvelle organisation avec des moyens plus modernes. Ce qui compte c'est avant tout de garder l'esprit... J'apporterai encore mon aide les 10 et 17 juin prochain pour les élections législatives.

  Ce 21 mai j'avais envisagé plutôt la pluie et mon sac à dos était bien rempli pour me protéger d'une probable humidité. Mais si l'on excepte la première heure au départ de Boulogne sous la grisaille et avec un sol encore mouillé de la veille, le reste de la journée fut très agréable. Le soir lors de mon retour à Paris, la pluie mit encore plus en évidence la chance que j'avais eue tout au  long de  cette promenade jusqu'à la Canche avec, sur l'autre rive, Le Touquet en point de mire, futur point de départ de ma prochaine étape.
Le port de Boulogne dans le brouillard et à marée basse




Je reviendrai à Boulogne pour ses bateaux et sa vieille ville sur les hauteurs
La marée était trop haute pour rejoindre le fort de Heers
Le Portel, sa digue, ses escaliers...

Trois blocs de béton en pleine nature : Encore des blockaus pas très loin de la mer, mais en pleine campagne à la sortie de la ville d'Outreau.
Avant de rejoindre Equihen-Plage, j'ai du m'éloigner un peu du bord de mer et je me suis retrouvé dans ce chaos de pierres.

  • La mer avance inéxorablement à marée haute...J'ai eu comme l'impression d'être encerclé par ce courant laiteux.

Un cimetière marin...de coquillages !

Une fabrique de couteaux ?

Sur plusieurs kilometres, la mer en se retirant a dessiné une bande assez régulière et entrainé avec elle des objets de toutes sortes, alimentant une pollution qui semble se renouveler au grès des marées. 
Un  bidon enseveli sous le sable tourbillonnant, comme une  oeuvre d'art. 
J'aime bien également cette oeuvre d'art insolite !
Sur la caisse, originaire de Port en Bessin (très éloigné géographiquement) est imprimée cette recommandation : "Toute detention illicite entrainera des poursuites". Mais que deviendra cette caisse ? 
Une seiche archi sèche et bien sèche, sur un sable encore humide. 

Mais comment est arrivé là cet écran qui n'a rien de solaire !
Des gamelles et des bidons... 
Filets en tous genres...
Quand les panneaux sont ilisibles il faut essayer de ne pas perdre le nord !
Cabanes de bord de mer
Hardelot-Plage.Sur un de mes guides était écrit : "Depuis la frontière belge, Harelot est la première station où l'on ait vraiment envie non seulement de passer un week-end mais aussi de revenir." Il devait pensait à l'arrière de la ville avec ses grandes villas et ses luxueuses propriétés. Créé de toutes pièces par un anglais, John Whitley à la fin du  19ème Hardelot a vu passer des personnages célébres : Charles Dickens, Joseph Lyons et Thomas Lipton (ceux du thé), le roi et la reine d'Angleterre, Louis Blériot, Escoffier (le cuisinier). Les deux guerres mondiales ne l'épargneront pas (voir plus loin l'état des blockaus).
J'ai été très déçu par son front de mer que j'ai même trouvé très moche ! La grande déception de la journée.
Tableau de mer.
Moules sur émulsion d'eau salée
Blockaus en forme de chaos
Rouille de mer
Sainte-Cécile-Plage : heureusement qu'il y une belle plage et la mer. Dommage : Le nom de la cité etait plutôt sympathique et attirant...
Attention descente de bateaux...
J'ai traversé l'eau de la rivière pieds nus. L'eau était un peu froide mais mes chaussures (à gauche sur la photo) sont restées sèches.
La baie de la Canche : une athmosphère très japonisante !
J'ai bien aimé ce dégradé de sables et de dunes.
Un joli plissé de sable et sur l'autre rive le Touquet, début de ma prochaine étape 
La Canche
"Les Anglo-Saxons font remarquer que, dans le système français, les feux de port se lisent en entrant, chez eux en sortant. Ils y voient la différence entre l'esprit d'aventure qui leur a fait conquérir le monde, et celui hexagonal qui pense d'abord à rentrer à la maison" (dictionnaire amoureux de la mer et de l'aventure, JF Deniau p91.)

Je n'ai pas encore pu vraiment apprécier cette signalisation mais je trouve la thèse assez intéressante.
Pour reprendre mon train, j'ai marché environ 3km jusqu'à Etaples le long de la Canche  dans un espace naturel protégé mais dont le chemin de randonnée était jonché de détritus indigne d'un aussi beau paysage...Je n'ai même pas osé prendre de photographies tellement c'était ignoble. 

vendredi 18 mai 2012

De Calais à Boulogne sur mer (mer du Nord-Côte d'Opale)

Un peintre, une ville :

J.M.W. Turner,  La Plage de Calais, à marée basse, des poissardes récoltant des appâts , 1840



J.M.W. Turner (1775-1851), La Plage de Calais, à marée basse, des poissardes récoltant des appâts, 1840 . Exposition Le Grand Palais 2010






Ma 3ème étape s'est déroulée sur 2 jours, avec une étape à Audresselles, sympathique village de pêcheurs, mais curieusement sans port, car les bateaux sont conduits par des tracteurs sur la plage de galets avant de plonger en mer. Étape de rêve,  sous un superbe soleil évoquant plutôt le sud de la France. Je suis revenu très bronzé à Paris et j'ai même du me badigeonner de crème hydratante. Ce fut donc une promenade d'une cinquantaine de kilomètres très agréable et dans un paysage très varié de falaises entre cap gris nez et cap blanc nez et avec au loin par temps très clair les côtes anglaises. Et puis du sable, des galets et des rochers et la mer pour m'accompagner.





A Calais, la guerre n'a pas fait dans la dentelle : la ville avait déjà  été sérieusement bombardée lors de la 1ere guerre mondiale, elle a quasiment été dédruite pendant la seconde.  Sa reconstruction en fait une ville aérée et accueillante. Ici l'hôtel de Ville et son beffroi m'ont rapidement séduit.


Les fameux bourgeois de Calais. Toute la puissance du génie  de Rodin pour évoquer le sacrifice de six bourgeois de la ville pour éviter aux Calaisiens d'être massacrés. C'est finalement une femme, la reine Philippa de Hainaut qui obtint leur grâce auprès d'Edouard  III d'Angleterre. La guerre de Cent ans, après la bataille de Crécy (1346), venait de commencer... 
    


Blériot-plage, la plage des Calaisiens : des immeubles et des aligements de cabanes sur plusieurs rangées. Ce jour-là elles étaient toutes fermées mais j'imaginais le bonheur qui devait envahir aux beaux jours des centaines de familles dès que leurs portes s'ouvraient...  
Le 25 juillet 1909, Louis Blériot décolla, avec son monoplan jusqu'à Douvres à 38km des côtes françaises. Un véritable exploit.  


Calais, premier port français de voyageurs. Il est donc normal de voir passer des bateaux ! 



Résidence secondaire...


...qui ne souffre pas de la promiscuité...


...et qui parfois prend de la hauteur et même quelques couleurs.



La dernière cabane qui semble défier les blockhaus.

Un blockhaus, c'est mieux avec un tag !


Un bidon, comme une touche de couleur.


Des filets accrochés.


Sangatte, côté plage, sans prétention...


...et aux risques et périls des baigneurs aventureux.


Non au nucléaire, non : aux moulières ! 




Je suis bien dans la bonne direction !


A droite de l'image, il faut imaginer  à Sangatte, le début du tunnel sous la Manche, un vieux rêve qui a fini par aboutir. L'Angleterre n'est plus tout à fait l'île qu'elle était...     
Le monument de la Dover Patrol sur le Cap Blanc-Nez. Ici c'est un peu la montagne (135 m au dessus de la mer). Avant de venir entre les deux caps, le Blanc et le Gris, j'imaginais un espace battu par les vents et même inhospitalier; Rien de tout cela,c'est un ciel bleu qui m'a accompagné sur une dizaine de kilomètres, avec presque pas de vent et un sentiment de bonheur terrestre dans ce panorama exceptionnel, paysage immense de falaises, de sable, de mer  et même d'herbe verte. Les côtes anglaises que j'imaginais pas très éloignées je ne les verrai que le lendemain matin à Audresselles avant de repartir vers Boulogne.



J'aime bien cette photographie que j'ai prise en redescendant du cap Blanc-Nez : des promeneurs solitaires qui semblent se rejoindre, dans l'immensité de ce que l'on appelle la côte d'Opale.




En me retournant, une vue sur le cap Blanc-Nez

Afficher l'image d'origine

Le cap blanc nez vu par Nicolas de Staël, 1954, huile sur toile (17x22cm) 

Des vaches paisibles entre deux caps... 


Décor de bord de mer.




Du sable entre les deux caps...
...Mais aussi des blockaus.




Le danger  c'était aussi pendant la guerre !
Ces galets me donnaient l'impression d'avoir été peints...
Pour la suite des légendes merci de patienter quelques jours ...



Le cap Blanc Nez est dèjà loin derrière...


Et le Cap Gris Nez (50m d'altitude!) n'est plus très loin 



Le phare du cap Gris Nez surveille un des détroits les plus fréquentés du monde, une véritable autoroute de la mer (environ 500 navirent se croisent par jour). Ici c'est aussi l'endroit le plus proche des côtes anglaises (moins de 30km)    



C'est beau du vert en bord de mer !

              Afficher l'image d'origine


Le cap gris nez vu par Nicolas de Staël, 1954, huile sur toile (60x81cm)



un chemin bien tracé...



Des vaches qui se promènent entre 2 blockaus, c'est bien plus paisible que des uniformes sous les bombes. 



Même quand elle est finie, la guerre reste dangereuse !


Notre Dame de la Mer, un lieu de pélerinage



Au loin Audresselles et l'hôtel de la plage qui m'attend 


Cet hôtel ne m'a vraiment pas déçu : son accueil, la qualité du diner et du petit déjeuner...Et il m'a même offert un sommeil réparateur, après une bonne douche forcément méritée pour mon corps épuisé par tous ces kilomètres (plus de 30 ?)
Comme une envie d'y revenir en famille...
Une maison de pêcheurs...pour touristes ?


Il reste encore quelques pêcheurs à Audresselles. La preuve ! mais ici, dans ce sympathique village sans port ce sont des tracteurs rouges qui conduisent les bateaux jusqu'à la mer pour ramener des homards, des crabes, des moules, vendus ensuite dans le village . 


Ces bateaux s'appellent ici des flobarts


Je laisse, un peu nostalgique Audresselles et sa belle plage de galets. 

Des galets qui vont et viennent entrainés par le mouvement laiteux de l'eau salée.
J'aime bien ce mélange de formes arrondies et polies aux couleurs infinies 



Etape suivante, Ambleteuse à marée basse.

A la sortie d'Ambleteuse , le fort Mahon (plans dessinés par Vauban), à l'embouchure de la Slack, que je vais devoir contournée avant de trouver un pont pour la traverser. En pensant pouvoir raccourcir mon chemin, je me suis un peu égarré et je suis même tombé dans la boue, avant qu'un pêcheur à la ligne m'indique le bon chemin, enfin presque car je me suis retouvé dans le jardin d'une résidence secondaire. Le fort Mahon m'aura aussi servi de repère. Son image ne m'était pas désagréable.  





J'avais donc réussi à contourner ce fameux fort Mahon
Des moules par millers que mes chaussures ne peuvent même plus éviter.





Deux vélos sur la plage, comme abandonnés...

Une plage immense et des falaises abruptes


Les riches Anglais fréquentaient entre les 2 guerres cette station balnéaire. Depuis, Wimereux a gardé une belle allure.
Derrière ce décor étrange, se cache au loin la ville de Boulogne. Je la devine mais je ne la vois pas encore. 


Boulogne se rapproche....



Enfin Boulogne et sa plage !





Boulogne , à marée basse, ses bateaux de pêche  et ses immeubles en bordure du port.  
Comme son nom l'indique...
en attendant de mettre les voiles !
Le Nord c'est aussi un grand plateau de fromages : j'ai donc fait mes provisions à la fromagerie Philippe Olivier, un des meilleurs affineurs de France. Les vendeuses très sympathiques m'ont fait découvrir la  très grande variété des fromages de la région. 


Avant de repartir à Paris, je me suis offert un menu régional à la brasserie, Chez Jules , une institution locale. J'ai, bien aimé cette entrée de poissons et de fruits de mer sur un lit d'endives braisées. Un régal !

Chez Jules, une bonne adresse !